Accéder au contenu principal

Retrouver son âme

Il est rare d'écrire une chronique sur un seul poème, une chanson.
Mais ce texte, il crie.
Il brûle.

"Retrouver son âme", d'Abby Brad.
Musique composée et chantée par Abdel Lazar.
Une chanson. Ou peut-être une prière électrique adressée à ceux qui n'ont pas encore capitulé.

Abby Brad ouvre avec une image forte : l'art comme une épée tirée du néant. 
D'emblée, le ton est donné.
Pas de consolation facile ici.
Le monde décrit est celui que nous connaissons trop bien : le mensonge qui danse, roi parmi nous,  les cœurs qui se figent,  les clones sans regard, sans bruit. 
C'est notre époque, saisie à la gorge, sans détour ni fard.

Mais ce texte n'est pas une complainte.
C'est une résistance.
Car au milieu du désordre du monde, une voix se lève --- et répète, comme un serment :
"Je veux retrouver mon âme." 
Ce refrain, martelé, porté, hurié,  devient le pouls de toute la chanson.
Une déclaration d'existence face à ceux qui voudraient des hommes sans âme, sans langage. 

La forme porte le fond avec une intelligence rare.
L'écriture d'Abby Brad est syncopée, tendue, presque physique.
Les images s'enchaînent comme des coups : brûler, hurler, graver, arracher. 
Et pourtant, au fil des strophes, la colère s’apaise.
La colère se mue en foi.
Le cri solitaire cherche --- et trouve --- une réponse.
Car c'est là le cœur lumineux du texte :
"Une âme n'est jamais seule à crier.  Elle trouve toujours une autre âme pour lui répondre." 

Dans un temps où l’on vend les nations et trahit les serments, cette chanson dit une vérité essentielle :
résister, c'est d'abord refuser d'oublier qu'on a une voix, un prénom.
C'est choisir le cœur plutôt que le néant.

"Retrouver son âme", d'Abby Brad.
Un chant de résistance, ardent, nécessaire.
Une flamme qui ne demande qu'à trouver d'autres flammes.