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Le goût de la dolce vita

Napoli. Naples. Ce mot seul contient déjà tout un roman. La lumière sur les toits, le Vésuve en sentinelle, l'odeur du café dans les ruelles étroites. C'est dans cette ville que Sophie Floreani a choisi de faire battre le cœur de sa saga.

Le goût de la Dolce Vita clôt une trilogie familiale portée par Abondance, une femme franco-italienne tiraillée entre plusieurs vies possibles. Pas une succession d'amours / mais un enchevêtrement de liens, chacun porteur d'une promesse, d'une blessure, d'un espoir différent. Un mari disparu en Russie puis resurgi sous un autre nom. Un Écossais fidèle et patient. Un Napolitain magnétique. Un homme de l'ombre aux intentions troubles. Chaque relation pose la même question : qu'est-ce qu'aimer vraiment, quand la vie vous a trop appris à vous méfier ?

Le roman ne court pas / il chemine. Il prend le temps des repas partagés, des promenades solitaires sur le Lungomare, des conversations avec la nonna, centenaire indomptable qui trône dans son fauteuil comme une souveraine.

 Sophie Floreani écrit comme on cuisine à Naples : avec générosité, avec élan, sans retenue. Les saveurs, les lieux, les mots italiens irriguent chaque page. On pousse la porte de la Nennella,  cette trattoria des Quartieri Spagnoli où les serveurs dansent entre les tables, où la vie éclate sans prévenir. Naples n'est pas un décor / c'est un personnage à part entière, un refuge, une boussole.

Sous le soleil, il y a les fêlures. Des pères inconnus, des vérités trop longtemps tues, des enfants fragiles à qui il faudra bien, un jour, tout dire.  Le livre avance dans l'intime, dans la maturation lente d'une femme qui apprend, pas à pas, à s'autoriser le bonheur.

L'écriture ne cherche pas la complexité / elle cherche la chaleur. Celle des liens, celle de la table, celle d'une main tendue par-dessus les malentendus. C'est un roman qui croit à l'amour malgré les épreuves, qui rappelle que la vie mérite qu'on la goûte pleinement.

Le goût de la Dolce Vita, c'est une saga du cœur. Un hymne à Naples, aux femmes qui se relèvent, et à cette petite voix intérieure qui murmure :  tu as le droit d'être heureuse.

Un livre à savourer lentement comme un caffè napolitain, les yeux tournés vers le Vésuve.